Journée internationale des droits des femmes : et si l'art racontait aussi cette histoire ?
Tous les ans, le 8 mars marque la journée internationale des droits des femmes. Une date qui porte plus d'un siècle de luttes féministes, de revendications sociales et de courage collectif. Mais cette histoire de visibilité à conquérir résonne aussi, avec une force particulière, dans le monde de l'art — où les femmes ont longtemps peint, sculpté et créé dans l'ombre.
8 mars : l'histoire d'une journée née du combat féministe et ouvrier
La journée internationale des droits des femmes ne s'est pas imposée en un jour. Elle est issue de l'histoire des luttes féministes menées sur les continents européen et américain dès le début du XXe siècle. Le 28 février 1909, une première "Journée nationale de la femme" est célébrée aux États-Unis à l'appel du Parti socialiste d'Amérique. Plan International
C'est lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes, en 1910 à Copenhague, que Clara Zetkin, journaliste et militante allemande, appelle les femmes socialistes de tous les pays à organiser chaque année une journée internationale des femmes. Elle est célébrée dès le 19 mars 1911 en Autriche, en Allemagne, au Danemark et en Suisse. Vie-publique
La date du 8 mars, elle, s'impose lors d'un événement décisif. Lors du 8 mars 1917, des femmes manifestent dans les rues de Petrograd pour exiger "le pain et la paix". Cette manifestation marque le début de la révolution russe et la date du 8 mars sera officiellement célébrée en Union soviétique à partir de 1921. Vie-publique
C'est finalement en 1977 que les Nations Unies officialisent la journée internationale des femmes, incitant ainsi tous les pays du monde à célébrer les droits des femmes. En France, c'est en 1982, sous l'impulsion d'Yvette Roudy, ministre déléguée aux droits des femmes, que le 8 mars est reconnu comme journée internationale des droits des femmes. Vie-publique
En 2026, le thème retenu par l'ONU est particulièrement fort : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles » F-information — un appel à ne jamais considérer l'égalité comme acquise.
Femmes dans l'art : présentes comme sujets, absentes comme autrices
La journée internationale des droits des femmes nous invite à regarder où l'inégalité se cache. Et dans l'histoire de l'art, elle s'est nichée dans un paradoxe frappant : les femmes ont de tout temps été représentées dans les œuvres, mais rarement reconnues comme leurs autrices.
Promenez-vous dans n'importe quel musée : les représentations féminines sont partout, des déesses antiques aux nus académiques. Pourtant, les noms sur les cartels sont presque exclusivement masculins. Ce n'est pas le fruit du hasard. C'est le résultat d'un système qui a, pendant des siècles, fermé aux femmes les portes de la formation et de la reconnaissance artistique.
Concrètement, les femmes se voyaient longtemps refuser l'accès aux cours de dessin sur modèle vivant, ce qui les excluait de fait de la peinture d'histoire — le genre le plus valorisé et le mieux rémunéré à l'époque. S'y ajoutaient un numerus clausus à l'Académie royale, une formation considérée comme « suffisante » pour les femmes mais bien inférieure à celle des hommes, et une vocation domestique imposée qui limitait leur pratique à des genres mineurs comme la nature morte ou le portrait.
Des chiffres qui donnent le vertige
Les conséquences de cet effacement se mesurent encore aujourd'hui dans les collections des grands musées. Parmi les 35 000 œuvres exposées au Louvre, une trentaine seulement sont signées par des femmes. Dans la base de données Joconde, qui répertorie les collections des musées nationaux français, moins de 1 % des œuvres sont attribuées à des femmes. Au MoMA de New York, 80 % des nus représentent des figures féminines — mais seulement 5 % des œuvres sont signées par des femmes.
Ces chiffres ne disent pas qu'il n'y avait pas de femmes artistes. Ils disent qu'on les a oubliées.
Réécrire l'histoire de l'art au féminin
La bonne nouvelle, c'est que ce récit est en train de changer. Depuis quelques années, une nouvelle génération de commissaires d'exposition, d'historiennes et d'institutions muséales s'attelle à remettre en lumière les artistes femmes oubliées. Des expositions comme Elles font l'abstraction au Centre Pompidou ou Peintres femmes au musée du Luxembourg ont contribué à redonner une place à des créatrices longtemps marginalisées.
Des plateformes comme AWARE (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions) travaillent activement à répertorier, documenter et valoriser les œuvres de femmes artistes à travers le monde et les siècles.

Connaître les noms de Camille Claudel, de Frida Kahlo, de Louise Bourgeois, de Charlotte Perriand, de Zaha Hadid, c'est participer à cette relecture nécessaire. C'est refuser l'oubli.

Iconic Women in Art : un jeu culturel et nécessaire
C'est dans cet esprit que nous avons conçu le jeu de 7 familles Iconic Women in Art. Parce que célébrer la journée internationale des droits des femmes, c'est aussi célébrer celles qui ont créé malgré les obstacles, qui ont peint, sculpté, photographié et installé leur vision du monde alors même que le monde leur tournait le dos.
Chaque carte du jeu est d’abord un prénom et un prénom, des œuvres et une vie d’artiste. Un rappel que l'histoire de l'art au féminin est riche, puissante, et qu'elle mérite d'être connue — par les adultes comme par les enfants.
Le 8 mars est une journée de mémoire et d'action. Rendre visible ce qui a été effacé est un geste modeste mais chaque geste compte. Et pourquoi pas commencer par un jeu ?
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Découvrez le jeu de 7 familles Iconic Women in Art sur cinqpoints.com
Découvrez le travail si important de l'association Aware Women in Art sur awarewomenartists.com



















